Dans le domaine de la Conservation et de la gestion durable des ressources naturelles, le contexte mondial marqué par une érosion de la Biodiversité et par Changement Climatique galopant impose à toutes les parties prenantes de renforcer leurs efforts : faire plus, plus efficacement afin d’atteindre les objectifs escomptés.

Ce travail qui se fait dans l’urgence, face à un Patrimoine Naturel qui s’érode à vue d’œil, ne peut pas être comparé à d’autres taches « froides » où le temps n’est pas forcément un ennemi et où l’enjeu est loin d’être la Survie de la diversité du Vivant et le maintien de la qualité des services écosystémiques. Il est dès lors primordial que les parties prenantes s’activant dans ce domaine se considèrent elle-même comme un genre de dernier rempart, les chevilles ouvrières qui ont littéralement sur les épaules la complexe Mission de « sauver le Monde ».

La gestion adaptative, et la réadaptation méthodologique

Cette noble mission n’est pas à prendre à la légère et encore moins à être investie par des acteurs qui n’en saisissent pas (plus) la complexité et le rythme. Elle est en revanche bien adaptée aux esprits qui peuvent relever le défi du pragmatisme et de l’agilité intellectuelle et qui surtout, peuvent et savent se remettre en question constamment, non pas dans la perspective de ce que l’on pourrait considérer incorrectement sous nos cieux comme un aveu d’échec mais dans celle d’une intelligence comportementale adaptative et évolutive qui prend en considération que tout évolue, y compris (et surtout) les méthodologies de travail.

Ce dernier point est primordial car « réaliser des actions » n’est pas toujours synonyme de « résultats atteints ». Afin de pouvoir atteindre les résultats escomptés, tout dépendra de la pertinence des actions programmées puis de leur exécution correcte.

La pertinence des actions à entreprendre doit se définir sous la forme d’une chaine de résultats. Cette dernière est la courroie de transmission du projet, si elle est défaillante on aura beau déployer des efforts et faire « tourner le moteur » on ne fera que du sur-place. Quand la chaine de résultat n’est pas bonne, non seulement les résultats ne seront jamais atteints mais tous les moyens, efforts et temps consacrés auront été tout simplement gaspillés.

Mutualiser la réflexion pour la recherches de solutions

La méthodologie des normes ouvertes pour la Conservation et la gestion durable des ressources naturelles est un nouveau cadre logique de travail qui se greffe un peu partout dans le Monde à d’autres méthodologies aujourd’hui de moins en moins adaptées. Parfois aussi, cette nouvelle méthodologie est pleinement adoptée et vient remplacer toutes les autres.

Permettant aux parties prenantes engagées dans des projets partout à travers le globe de s’inspirer des chaines de résultats des uns et des autres, cette nouvelle éthique du travail empêche les déperditions d’efforts et de temps qui peuvent être constatées quand des groupes dispersés essaient de « réinventer la roue chacun de son côté » et permet une mutualisation de la réflexion et un échange des bons procédés.

Concevoir un projet et le mener à bien est un savoir que certains ont su ériger en art. Sauf que dans le contexte actuel et face aux défis colossaux auxquels nous faisons face dans le domaine de la Conservation et de la gestion durable et intégrée des ressources naturelles, le mieux est de mutualiser l’effort de pensée et de conception et d’intégrer toutes les parties prenantes pertinentes dans l’exécution et le suivie.

Lever les résistances légitimes mais limitantes

Beaucoup à travers le Monde, hésitent à changer une façon de faire à laquelle ils sont habitués. Amorcer le changement n’est jamais une chose aisée. Il faut une grande dose de courage et de maturité pour se résigner à tenter une expérience. C’est d’ailleurs toujours comme cela que l’innovation débute : une simple expérience qui réussit et qui nous motive pour en transposer la substance à d’autres sujets.

Il est totalement normal voire sain de résister au changement méthodologique. Pourquoi changer une façon de faire qui a « fait ses preuves » et avec laquelle ont fonctionné les professionnels depuis des décennies ? une question qui revient toujours et dont la réponse est pourtant simple : parce que les méthodes doivent changer quand le contexte change et qu’il devient possible d’utiliser de nouveaux outils qui permettent plus de précision, d’efficience et une meilleure garantie de résultats.

La résistance au changement est souvent une bonne chose. C’est un réflexe de survie qui nous permet de garder notre intégrité. Mais dans le cas d’espèce que nous évoquons ici c’est tout simplement le contraire. Il s’agit là d’un changement qui vient en réaction à une crise mondiale généralisée. Pour garder son acquis, il est urgent de changer de méthode.

Heureusement, beaucoup de soldats de l’ombre de nos administrations le savent et l’avaient même pressenti depuis un certain temps déjà. Quand chez nous « se remettre en question » n’est jamais perçu comme une preuve d’honnêteté intellectuelle et de courage personnel, beaucoup sont déjà dans ce cheminement, et l’Histoire retiendra qu’ils ont été les premiers à rompre avec les cercles vicieux pour en fonder d’autres plus vertueux.

Gageons qu’il est lucide et intelligent de changer de méthode pour changer de résultat. Einstein n’avait-il pas un jour dit d’ailleurs :

La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent.

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